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Jusqu'au 18 siècle, la vie rude ...


Jusqu'au XVIIIe siècle, la vie rude et misérable des campagnes


Annœullin connaît une situation difficile aux confins des deux provinces de Flandre et d’Artois tout au long de cette période. En 1660 et 1661, cette situation est si délicate qu’elle nécessite des conférences entre français et espagnoles pour fixer le régime administratif des villages dépendant de l’abbaye de Saint-Vaast d’Arras enclavés dans la Châtellenie de Lille.

La question de l’appartenance ne fut tranchée qu’au fil des rattachements successifs de l’Artois et de la Flandre-Artésienne avant le traité d’Aix-la-Chapelle qui rattacha les Châtellenies de Lille, Douai et Orchies à la France en 1668.

Annœullin redevint flamande par le bon vouloir de Louis XIV qui, par une ordonnance royale du 18 avril 1669, répondit favorablement à la demande des baillis de Lille et rattacha à la Châtellenie de Lille les villages d’Annœullin, Bauvin, Provin et Mons-en-Pévèle. La dualité des pouvoirs administratifs et fiscaux n’a fait que perdurer pendant tout l’ancien régime (les juridictions à Arras, l’administration et les finances à Lille).

Mais que ce soit sous les périodes flamande (jusqu’en 1384), bourguignonne (de 1384 à 1477), autrichienne (de 1477 à 1555), espagnole (de 1555 à 1659), puis française (à partir de 1659), la structuration du bourg et l’organisation sociale ne changent pas fondamentalement.

Le marais conditionne toute la vie du terroir. Il va longtemps constituer un gigantesque fer à cheval autour du bourg, ne laissant libre d’accès en permanence que le secteur sud en direction de Carvin et de Provin.

Pendant de nombreuses années, ce grand marais, dont l’exploitation tourbière et fourragère est jalousement réservée aux habitants de la localité, va être la cause de disputes fréquentes avec les bourgs voisins (notamment une forte rivalité avec Provin et Bauvin). Il va connaître la traque et la noyade des protestants (les gueux en 1566) et servira de repères pour de véritables bandes malfaisantes (les morlots de 1724 à 1764).

Durant toute cette période, le bourg ne change pas fondamentalement d’aspect. Il s’appuie sur l’église Saint-Martin (achevée en 1574, partiellement incendiée par les troupes françaises en 1641 en même temps que le village et l’église de Carnin) et sur la ferme principale dépendant de l’abbaye.

Le reste du bourg se répartissait sur deux axes allant, l’un vers le moulin à blé, le calvaire et le marais du Frézin (actuellement rue de Touraine), l’autre vers le grand marais en direction de Don (actuellement rues Nationale et Jean Jaurès). Le chemin d’Annœullin à Don se déployait à travers le marais. Progressivement, la brique remplaça le torchis des habitations. Ainsi, après sa destruction par la tempête en 1606, le vieux moulin de bois qui se tenait à la sortie du bourg route de Provin fut reconstruit en briques en 1628.

L’administration locale est compliquée car elle est régie par les baillis, les lieutenants et les échevins qui sont nommés pour partie par le pouvoir politique installé à Lille et pour partie par le pouvoir ecclésiastique implanté à Arras.

Cela occasionne de nombreuses difficultés dans la vie quotidienne qui demeure essentiellement agricole et reste miséreuse. Les productions restent modestes et de mauvaise qualité (molles avoines). La soldatesque n’en finit pas de vivre sur l’habitant, notamment lors de la conquête de Lille par le Roi de France en 1668 et lors du siège de cette même ville par les troupes hollandaises de 1708.

En revanche, l’extraction de la tourbe était une exclusivité des habitants mais sa vente hors Annœullin était interdite. Cela provoqua sans cesse de nombreux troubles.

En été, les pâturages libérés par le marais étaient accessibles aux animaux. Mais ils restaient dangereux. Les risques d’enlisement étaient tellement permanents pour les bêtes qu’il a fallu créer une charge (le proyer) dont le rôle consistait à récupérer les animaux en perdition.

Petit à petit se créèrent des tanneries, des briqueteries et des brasseries. Cette période se caractérise aussi par la permanence des conflits entre les fermiers de l’abbaye et les ouvriers agricoles (hostagiers) à cause de la lourdeur des rentes seigneuriales et ecclésiales (cens, tailles, dîme) et entre les échevins et la population à cause de la dureté de l’exercice de la justice à Annœullin (on retrouve des cas d’exécution capitale).
* P. Lappenses était bailli en 1335 * J. Danquoisne était bailli en 1442

Le défrichement et l’assèchement du marais

Les excès de l’extraction de la tourbe s’opposaient de plus en plus aux besoins d’expansion des cultures. Cette situation fut comprise par les autorités et en 1777 par lettres patentes, le Roi Louis XVI ordonnait le défrichement et le partage des marais des trois châtellenies de Lille, Douai et Orchies.

Une ordonnance de l’Intendant de Flandre et d’Artois du 24 décembre 1777 en fixa les modalités. Le partage donnait les deux tiers à la communauté des habitants (qui fut divisée en 514 portions ménagères tirées au sort en 1779) et un tiers au seigneur (mis en location).


La répartition nominale des lots laisse apparaître la présence de membres de la famille Robespierre à Annœullin.

L’assèchement du marais dura jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.


Les baillis d’Annoeullin

Sous l’ancien régime, les baillis assurant la gestion de la commune étaient nommés par la châtellenie de Lille et l’Abbaye Saint-Vaast d’Arras.

A partir des archives encore existantes, M. Coupey a pu relever les baillis suivants :

* Jehan Laden était bailli en 1449 et 1450
* Jehan de Tourmignies était bailli en 1485
* Pierre Rambaut était bailli en 1491
* Nicolas du Crocquet était bailli de 1521 à 1526 et en 1537
* Jehan Laden était bailli en 1530 et 1544
* Hughes du Rasnel était bailli en 1585 et 1589
* Pierre Desbouvries était bailli en 1599 et 1607
* Martin Desbouvries, fils de Pierre était bailli en 1670
* Georges Desbouvries, fils de Martin était bailli en 1669 et 1678
* Anselme Battelet était bailli en 1692-6-7 et 1701-4-5
* Antoine Laden était bailli en 1703
* Pierre-François Battelet était bailli en 1708 et 1724-1727
* Joseph Battelet était bailli en 1736 et 1741
* Joseph Battelet fils était bailli en 1774



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