Histoire

Histoire

Cette brève histoire d’Annœullin est destinée à répondre aux nombreuses demandes des habitants et des écoliers souhaitant connaître le passé de notre cité. Elle ne veut être qu’un modeste résumé et s’appuie sur les travaux M. André Coupey, dont l’ouvrage "Annœullin au temps passé", paru en 1965, reste la référence pour la période des origines à 1918.

Au-delà des épisodes de l’histoire locale, il convient de remarquer la permanence des deux grands sujets qui traversent toute l’histoire d’Annœullin et de ses communes voisines : l’omniprésence du grand marais et du contrôle des eaux qui va conditionner toute la vie économique et sociale du secteur, l’effet frontière, car Annœullin va toujours se retrouver à la limite des territoires des Abbayes de Tournai et d’Arras, de la Flandre et de l’Artois, du Nord et du Pas–de–Calais.

Puisse ce résumé inciter le lecteur à en savoir davantage et à découvrir les petits épisodes de l’histoire d’une commune apparemment ... sans histoire.


Origines, légendes et premières traces d’habitat

A l’occasion de l’aménagement de la zone artisanale en 1998, des fouilles préventives ont été réalisées et ont fait apparaître des traces d’habitat néolithiques et gallo-romain. C’est une découverte, certes modeste, mais importante car elle met fin à une croyance qui voulait notre territoire occupé par le seul grand marais.

En fait, on peut penser que des habitats primaires ont pu exister très tôt au bord du marais. Celui-ci était alors à la fois l’élément nourricier (enlisement d’animaux pourchassés, cultures primitives, tourbe pour le chauffage) et protecteur (zone difficilement accessible).

Si les traces gallo-romaines découvertes peuvent ainsi appuyer la légende qui veut qu’ANOLINUS, un officier romain, soit à l’origine du bourg, rien ne permet, cependant, de l’affirmer.

De même, à partir du calvaire dit "des allemands", une autre légende veut que ce soit une déformation du bas germain "all man" révélant la trace de peuplades saxonnes que Charlemagne aurait déportées dans la zone après leur capture (vers l’an 800). Tout cela n’a jamais été prouvé. Le mystère des origines d’Annœullin demeure.

Par contre, malgré la consécration de l’église à Saint-Martin et contrairement à de tenaces légendes, jamais le soldat pasteur n’a prêché dans le secteur (vers 360). La parole de Saint-Martin à Annœullin comme dans toute la Gaule gallicane, a servi de support à l’évangélisation encouragée par le pouvoir mérovingien.


Etymologie et blason

A l’hypothèse latine d’Anolinus, s’oppose l’autre version germanique d’Ennelin, l’une et l’autre sont controversées. Il faudra attendre 1733 pour voir apparaître l’écriture actuelle de la commune. Auparavant le nom s’est écrit : Anolinum, Ennelin, Aneulyin, Anulin ou Annelin.

En 673, Thierry III, roi des Francs de Neustrie, faisant repentir du meurtre de Saint Léger qu’il n’avait pas empêché, accorde une charte en faveur de l’Abbaye St Vaast d’Arras et octroie le terroir d’Annœullin. La dépendance à l’abbaye bénédictine durera jusqu’à la révolution française. Il n’en reste plus aujourd’hui comme signe que le blason de la commune qui était celui de l’évêque Saint-Vaast.


Premières mentions d’Annoeullin

Il faut attendre le XIIe siècle pour trouver mentions écrites du terroir. La première d’entre elles remonte à 1165 où l’évêque de Tournai concéda, à l’abbaye Saint-Martin de Tournai, l’église d’Annœullin avec ses dépendances au nombre desquelles l’église d’Allennes (Annœullin fit partie de l’évêché de Tournai sous l’ancien régime).

Puis, en 1169, un cartulaire du Pape Alexandre III confirme la possession d’Annœullin dans les biens de l’abbaye Saint Vaast d’Arras. On voit déjà apparaître le clivage entre ce qui sera la Flandre et l’Artois.

Ensuite, Annœullin apparaîtra régulièrement dans les comptes et autres titres de l’évêché de Tournai (1177, 1184, 1210, 1219, 1242 et 1278). A noter que Mons-en-Pévèle et Don sont fréquemment associés à ces actes.

La charte de Roger IV, châtelain de Lille en 1220, va, entre autres, répartir les droits et responsabilités civiles et pénales entre le châtelain de Lille et l’abbaye d’Arras pour Annœullin, Bauvin et Mons en Pévèle.


La coutume particulière d’Annoeullin

(La coutume est un droit ancestral issu de l’habitude de répéter une action. Cette habitude est devenue un droit transmis par oralité. La coutume est l’expression de la voix du peuple.)

Issue des traditions et usages ancestraux, la coutume d’Annœullin s’appliqua sans discontinuer à partir de 1507 jusqu’en 1718. Elle avait pour fonction de préciser les règles administratives et judiciaires entre les habitants (poids et mesures locales, perception des taxes) et surtout de fixer les règles d’exploitation du marais.

Car le grand marais conditionnait toute la vie économique du terroir, notamment en fournissant la tourbe pour le chauffage (l’extraction de la tourbe a été pratiquée à Annœullin jusqu’à la fin du XVIIIe siècle) en fournissant la vaine pâture pour le bétail en saison sèche et en fournissant les cultures anciennes [plantes oléagineuses = colza, navette, plantes tinctoriales = wedde (pastels), garance].

Cette coutume particulière était d’autant plus importante que le terroir d’Annœullin vivait les aléas des zones frontalières et subissait les invasions des troupes allant de sièges en batailles, vivant sur l’habitat et installant leur bivouac aux côtés des manoirs, nom donné aux simples maisons des habitants. La légende confierait à ces bivouacs l’origine du nom du quartier de la Bouvaque.


Newsletter
Recevez la newsletter : Je m'abonne
Je me désabonne
Suivez-nous !
Site réalisé avec PowerBoutique - logiciel création site web