De 1914 à 1971


Les privations de la grande guerre

Comme pour toutes les villes du front, l’occupation allemande d’octobre 1914 à octobre 1918 a été très douloureuse pour la population notamment en ce qui concerne les privations alimentaires.

A proximité du Front, la commune a subi quelques bombardements qui causèrent la perte de 24 personnes et des dégâts partiels mais nombreux sur l’église Saint-Martin, autour de la Grand’ Place et dans le quartier de la Bouvaque suite notamment à l’explosion d’un dépôt de munitions le 6 octobre 1918.

En septembre 1918, la population civile fut même évacuée en Belgique dans le Tournaisis.

L’hospice, récemment achevé, servit de lazaret pour l’armée allemande. C’est ce qui explique le cimetière militaire où reposent 1200 allemands. Les champs sur la route de Provin furent transformés en terrain d’aviation.

Un fait de guerre : Le 7 mai 1917, le célèbre aviateur anglais Albert Ball s’écrasa ou fut abattu (la thèse du combat aérien n’est pas prouvée) à l’angle du petit bois de Carnin, où se trouve aujourd’hui une borne commémorative. Son corps repose dans le cimetière militaire où chaque 11 novembre, la population rend hommage à son souvenir.

Pendant la première guerre mondiale, 212 Annœullinois sont morts pour la France.


Du quartier de la ville ou du marais

Pendant l’entre-deux guerres, Annœullin ne change pas beaucoup de physionomie. Economiquement, la ville va se développer avec l’installation d’entreprises textiles et de confection. On en comptera une dizaine spécialisée dans le linge de maison, la bonneterie, les couvertures, et la toile à matelas.

Politiquement, la ville connaît une vie agitée avec un clivage sociologique de plus en plus marqué entre le quartier de "la ville" (plutôt à droite) et celui du "marais" (plutôt à gauche).

Cette période sera particulièrement marquée par le rôle joué par Auguste Parsy, Maire jusqu’en 1934, Député et Conseiller général. Il est à l’origine de la construction de l’hospice, de la cantine scolaire et de logements sociaux.



La pénible traversée de la guerre

Annœullin traverse la seconde guerre mondiale dans un relatif anonymat. La ville ne connaîtra pas, à la différence de Carnin où va s’illustrer le Lieutenant Baillet, les combats dits de la bataille d’Haubourdin en 1940 qui verront une héroïque défense des troupes coloniales. De même, elle ne subira que quelques bombardements collatéraux à ceux de la gare de Don à la fin de l’année 1944 (qui feront 24 morts civils).

Par contre, à l’image du pays, la ville sera profondément divisée.

L’honneur à Annœullin, ce furent à l’époque les actes de résistance menés par Jean-Pierre Viseux, Auguste Copin, et Jean Carpentier, mort pendant des accrochages au début du mois de septembre 1944.

Pendant cette guerre, 33 Annœullinois sont morts pour la France.

Du village à la ville

Après-guerre, Annœullin va connaître une période confuse où plusieurs municipalités vont se succéder. En 1946, il faudra même avoir recours à la Délégation Spéciale.

(La délégation spéciale en matière d'organisation municipale est une délégation de plusieurs membres nommée par décision du représentant de l'État suite à la dissolution ou démission d'un conseil municipal.)

En 1946, la population se chiffre à 6408 habitants mais dès 1948, avec la séparation de Don qui devient une commune de plein exercice, Annœullin tournera autour de 5600 habitants (5676 en 1954).

Sociologiquement, la structure de la population ne va pas évoluer avant le début des années soixante-dix qui verront à la fois la réduction des activités agricoles (de 70 avant-guerre, les exploitations péricliteront à 38 en 1970, puis à 13 en 1977), la disparition progressive des mineurs et la fin des pérégrinations des colporteurs.

Malgré la disparition des séchoirs à chicorée et des deux houblonnières, la ville garde encore un aspect champêtre.

C’est à partir des années 1955, puis avec le Maire Henri Bonte, que l’aspect de la ville va changer avec l’aménagement du quartier du Metz-Saint-Vaast, l’ouverture du boulevard Léon Blum (1955) et l’édification des premiers HLM afin de reloger les habitants de la "cité grise" (baraquements en bois de la rue de Don) où logeaient essentiellement les familles de mineurs.

L’axe vivant de la ville va basculer du côté du marais où les commerces vont se développer. La salle des fêtes fut construite au début des années soixante. Entre 1965 et 1971, la place du marché sera créée et le quartier sera étendu aux rues Schaffner et Saint-Exupéry.

Fait révélateur à la fois du caractère propre de ce terroir et de sa vocation de zone tampon, les communes du secteur refusèrent de rejoindre la Communauté Urbaine de Lille en 1966 donnant ainsi une nouvelle frontière à Annœullin.

Lors des guerres d’Indochine et d’Algérie, 4 Annœullinois sont morts pour la France.


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